Microsoft l’a rappelé dans son centre de messages le 14 octobre 2026 : Windows Server 2016 atteint la fin de ses mises à jour le 12 janvier 2027. La mise à jour de sécurité de janvier 2027 est la dernière prévue pour toutes les éditions (Datacenter, Standard, Essentials, MultiPoint Premium). Au-delà, seules les entreprises qui souscrivent aux mises à jour de sécurité étendues (ESU) continuent de recevoir des correctifs. Dans beaucoup de PME, un serveur 2016 fait encore tourner l’annuaire, le partage de fichiers ou un logiciel de gestion : c’est le moment de décider.
Les dates à retenir
| Date | Événement |
|---|---|
| 12 janvier 2022 | Fin du support standard de Windows Server 2016 |
| 3 août 2026 | Ouverture de l’inscription aux ESU 2016 dans le portail Azure (via Azure Arc) |
| 13 octobre 2026 | Dernière mise à jour ESU de Windows Server 2012 et 2012 R2 |
| 13 octobre 2026 | Fin du support standard de Windows Server 2022 (passage en support étendu) |
| 12 janvier 2027 | Dernière mise à jour de Windows Server 2016 |
| 13 janvier 2027 | Début de la facturation des ESU 2016 souscrites via Azure Arc |
Windows Server 2016 était sorti le 15 octobre 2016 : à l’échéance, il aura eu un peu plus de dix ans de support, ce qui correspond à la politique de cycle de vie fixe de Microsoft.
Le cas particulier de Windows Server 2016 Essentials
Beaucoup de petites structures ont adopté l’édition Essentials pour son prix et ses fonctions clés en main. Microsoft précise que le support des fonctions propres à Essentials, dont l’accès Web à distance (Remote Web Access), prend fin le même jour. Toute fonction Essentials qui continuerait de marcher après le 12 janvier 2027 doit être considérée comme non prise en charge.
Autre point clé : les ESU ne couvrent que les éditions Standard et Datacenter. Une PME sous Essentials n’a donc pas de filet de sécurité payant : il faut migrer.
Option 1 : migrer vers Windows Server 2025
C’est la recommandation de Microsoft. Windows Server 2025 est la version actuelle du canal de maintenance à long terme (LTSC). Microsoft propose une version d’évaluation gratuite de 180 jours, pratique pour monter un serveur de test et valider vos applications avant l’achat des licences.
Deux voies sont possibles :
- la mise à niveau sur place, lorsque le chemin de mise à niveau est pris en charge (Microsoft publie la liste des chemins validés par version) ;
- la migration vers un nouveau serveur, souvent plus propre : on installe Windows Server 2025, on déplace les rôles (contrôleur de domaine, fichiers, impression) et les applications, puis on retire l’ancien.
Profitez-en pour faire le tri : un vieux serveur de fichiers peut parfois être remplacé par un stockage en ligne, et un logiciel métier installé « sur le serveur » existe peut-être désormais en version hébergée.
Option 2 : acheter du temps avec les ESU
Les mises à jour de sécurité étendues de Windows Server 2016 fournissent les correctifs de sécurité critiques et importants pendant trois ans au maximum, jusqu’en 2030. Elles n’apportent aucune nouvelle fonction, ni correctif non lié à la sécurité.
La voie mise en avant par Microsoft passe par Azure Arc : on installe sur le serveur l’agent Azure Connected Machine (version 1.62 ou supérieure pour 2016), on le rattache à Azure, puis on active les ESU depuis le portail. Les avantages annoncés :
- paiement mensuel à l’usage, avec possibilité d’arrêter dès que la migration est faite ;
- pas de clé à acheter ni à activer ;
- inventaire de la couverture ESU dans le portail Azure ;
- accès gratuit, pour les serveurs inscrits, à Azure Update Manager, au suivi des modifications et à la configuration invitée d’Azure Policy.
Conditions de licence : il faut une Software Assurance souscrite via un programme de licences en volume (contrat Entreprise, Open Value…), sauf si les serveurs sont licenciés en SPLA ou via un abonnement serveur. Microsoft ne publie pas de tarif dans sa documentation Azure Arc : demandez un chiffrage à votre revendeur avant de budgéter.
Pour les postes de travail virtualisés (VDI), Microsoft déconseille Azure Arc et renvoie vers des clés d’activation multiple (MAK).
Et Windows Server 2022 ?
Pas d’urgence, mais une étape : depuis le 13 octobre 2026, Windows Server 2022 est en support étendu. Il continue de recevoir gratuitement les mises à jour de sécurité mensuelles jusqu’au 14 octobre 2031, mais plus d’amélioration fonctionnelle. Si vous migrez un serveur 2016, visez donc directement Windows Server 2025 plutôt que 2022.
Plan d’action pour une PME
- Listez vos serveurs et leur version exacte (
winverousysteminfo), y compris les machines virtuelles oubliées. - Identifiez les éditions Essentials : elles doivent être migrées, sans alternative ESU.
- Pour chaque serveur 2016, classez : à migrer, à remplacer par un service en ligne, ou à couvrir par ESU le temps de la migration.
- Demandez un devis ESU si un serveur ne peut pas être migré à temps (application métier non compatible, budget à étaler).
- Montez un serveur 2025 d’évaluation pour tester vos applications.
- Vérifiez vos sauvegardes avant toute migration, et testez une restauration.
Un serveur sans correctif reste joignable depuis votre réseau, et souvent depuis Internet pour l’accès à distance. Si vous exposez un service web sur ce serveur, notre outil frontdoor permet de contrôler la configuration TLS et les en-têtes de sécurité de l’URL publique avant et après migration.
Sources
- Microsoft, « Windows message center » (entrées « 90-Day Reminder: Windows Server 2016 will reach end of updates on January 12, 2027 » et « Windows Server 2022 has reached end of mainstream support », 14 octobre 2026) : https://learn.microsoft.com/en-us/windows/release-health/windows-message-center
- Microsoft Learn, « Windows Server 2016 – Microsoft Lifecycle » : https://learn.microsoft.com/en-us/lifecycle/products/windows-server-2016
- Microsoft Learn, « Prepare to deliver Extended Security Updates for Windows Server through Azure Arc », mis à jour en octobre 2026 : https://learn.microsoft.com/en-us/azure/azure-arc/servers/prepare-extended-security-updates



